Par Martin Péneau dans les catégories COMPLICATIONS |Exception |Genève 2010 |Hi-Tech |Montres suisses |Phases de Lune |SALONS
Le designer horloger français Alain Silberstein est surtout reconnu pour ses montres colorées, rappelant l’enfance et mettant de bonne humeur. De fait, lorsque Maximilian Büsser lui propose de customiser une HM2, on s’attend à une pièce multicolore, inspirée de nos premiers jouets en bois… Et l’on se trompe lourdement! La HM2-2 est une pièce plutôt sobre et sombre, justement appelée “Black Box”.
Avant d’aller plus loin dans la descritpion de cette montre, un détail intéressant doit être exposé. Souvent, trop souvent même, l’horloger, bien que travaillant en équipe, néglige de communiquer sur le mérite de son équipe. Avec Maximilian Büsser, il en va différemment, la marque qui porte son nom insistant bien sur “& Friends”. Dans le communiqué diffusé à la presse, il est ainsi fait mention de toutes les personnes ayant participé à la réalisation de la HM2.2, à la manière d’un générique de cinéma:
Concept: Maximilian Büsser, design produit: Eric Giroud & Alain Silberstein, direction technique et production: Serge Kriknoff (MB&F), développement du mouvement: Jean-Marc Wiederrecht (Agenhor), Maximilien Di Blasi (Agenhor), Patrick Lété (Artisans Horlogers), fabrication du mouvement: Salvatore Ferrarotto (APR Quality), Georges Auer (Mecawatch), Jose Perez (Clamax), Gianni Di Blasi (Clamax), finition des composants mouvement: Jacques-Adrien Rochat & Denis Garcia (C-L Rochat), assemblage du mouvement: Didier Dumas & Georges Veisy (MB&F), boîte et boucle déployante, construction et fabrication: Dominique Mainier, Bertrand Jeunet et François Liard de G.&F. Châtelain, cadrans: François Bernhard et Denis Parel de Nateber, aiguilles: Pierre Chillier et Isabelle Chillier de Fiedler, bracelets cuir : Olivier Purnot (Camille Fournet), écrin: Isabelle Vaudaux (Vaudaux)
Avec cette liste, on se rend compte de l’ampleur du travail effectué et des différences qui séparent l’horlogerie contemporaine de l’horlogerie solitaire telle qu’elle se pratiquait au temps des cabinotiers…

Alain Silberstein est le deuxième ami de la marque convié à dessiner un boîtier et son concept prendra vie sous la forme d’une série limitée de huit montres, gravées du nom “Horological Machine N°2.2″. Le premier ami était l’artiste américain Sage Vaughn, qui a conçu un modèle unique pour Only Watch, la vente aux enchères caritative qui s’est tenue cette année au bénéfice de la recherche sur la myopathie de Duchenne.
Dans son design, le boîtier d’Alain Silberstein conserve les deux cadrans caractéristiques en forme de hublot et le profil dynamique de la Horological Machine N°2 avec ses cornes en arc-boutant. Le créateur a cependant repensé et reconstruit chacun de ses autres aspects.

Alain Silberstein a imaginé le boîtier rectangulaire sous la forme d’un bloc de titane massif, qui prend appui sur la structure originale de la Horological Machine N°2. Cette construction en plusieurs couches confère à la montre un profil dynamique et technique.
Toutefois, sur la face, le boîtier apparaît dans une remarquable simplicité. Le titane est recouvert d’un revêtement PVD contenant du silicium, pour donner une couleur noire très intense et une douceur au toucher et une surface sur laquelle les doigts ne laissent pas de traces. De très légères interventions ont permis de souligner l’élégance naturelle du boîtier. Deux bandes d’émail rouge incrustées dans la carrure ajoutent une touche précieuse et font écho à la teinte des indications sur le double cadran.

Pour la première fois sur une Horological Machine, les heures sautantes du cadran situé à droite apparaissent dans une ouverture, entourée des minutes concentriques rétrogrades. Son homologue de gauche affiche la date rétrograde et la phase de lune. Toutes les indications rouges sont en Superluminova afin d’être visibles dans l’obscurité.
La phase de lune, telle qu’elle apparaît dans son ouverture, rappelle la lune de la célèbre bande dessinée « Little Nemo » qui vit le jour aux Etats-Unis pendant la période de l’Art Nouveau. Alain Silberstein trouve son expression particulièrement « sympathique » et s’en inspire régulièrement pour concevoir interprêter cette complication.

Une minuscule inscription, presque invisible, portée sur le flanc du boîtier proclame : “Le vrai bonheur est d’avoir sa passion pour métier“. Une devise en parfait accord avec la philosophie de MB&F et d’Alain Silberstein.

Mouvement: mécanique à remontage automatique, conçues et développées par Jean-Marc Wiederrecht/Agenhor sur une base Girard-Perregaux, 28,800 alternances/heure, rotor bilame “astero-hache” en or rose 22ct bleui, 349 composants, dont 44 rubis
Fonctions: heure sautante et minutes rétrogrades concentriques, phase de lune et date rétrograde concentriques
Boîtier: en titane recouvert d’un traitement PVD contenant du silicium, 59mm x 38mm x 13mm, étanche à 30 mètres (3 ATM)., 89 composants pour la boîte, glaces saphir traités anti-reflets
Cadrans: argentés
Bracelet: en cuir noir pleine peau cousu main, avec boucle ardillon en titane.
Ecrin: en aluminium bouchonné et cuir noir, intégrant un thermomètre de précision Rüeger.
Édition limitée à 8 exemplaires

Tags:Alain Silberstein, MB&F
2 commentaires
Jonathan
January 11th, 2010 at 15:49
1C’est une piece originale mais elle reste portable
FAMELART
January 13th, 2010 at 18:07
2bonjour à tous,
Alain Silberstein a l art et la manière de nous faire des montres aux styles décalés qui ne laissent personne indifférents…
on aime ou on aime pas…
Je ne connais pas son parcours, mais ça sent le désigner…
Pour ma part il y a certaine de ces montres que j aime particulièrement et d autres un peu moins mais sur le résultat gobal, on peut dire que ce qu il touche fait partie
d une niche très à part dans l horlogerie et je trouve qu au final, c est une belle réussite.
Michel.
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